Mercredi 6 avril 2005

J’ai passé toute la soirée d’hier à guetter à l’intérieur de son appartement, et suis donc resté  quelques heures sur cette maudite branche dans une position des plus instables, avant de pouvoir en descendre pour pousser un peu plus loin mes investigations. Lorsque la nuit est tombée, j’ai sauté de mon perchoir et je suis allé, le ventre collé aux tuiles du garage, jusqu’au rebord de la fenêtre. Ca faisait quelques temps qu’il était penché sur sa table, l’air complètement absorbé.



 

 

 

De l’arbre je ne distinguais pas grand-chose, c’est en me rapprochant que j’ai vu qu’il noircissait feuille sur feuille. Il dessine plutôt bien, et se concentre beaucoup à représenter ses semblables. Je profitais de sa concentration pour relever un peu la tête et observer le reste de la pièce. C’est assez petit et intime comme endroit, des livres sont empilés et s’écroulent un peu partout, du matériel de dessin et de peinture tapisse la quasi-totalité de la grande table de la même manière qu’une quantité non négligeable de petits dessins tapissent les murs.



                


J’ai failli me faire repérer lorsqu’il s’est enfin levé. Il s’est préparé à manger et à allumer la télévision. Une fois qu’il eu fini de manger, il l’éteignit et prit son sac. J’étais surpris, ou pouvait-il bien aller à cette heure ? Je me décidais à le suivre, car après tout ça allait me faire du bien de bouger un peu moi aussi. Je le retrouvais plus bas dans la rue, il partait en direction du canal.

 

Il marchait moins vite cette fois, je devais donc conserver une certaine distance. Ou allait-il si rêveur ? Il devait sûrement avoir rendez-vous avec une jolie fille ou quelque chose dans ce goût là.

 

Je me trompais, car une fois arrivé au bord du canal, il s’est assis sous un arbre et a sorti un petit carnet de croquis de son sac. Il est resté là pendant bien une heure, dans la semi obscurité, à gribouiller je ne sais quoi. Je crois que je suis tombé sur un original et ça me plaît beaucoup.



 

                             



Je ne sais pas combien de temps s’est écoulé avant qu’il ne décide de rentrer chez lui, je suis resté allongé dans l’herbe, les yeux mi-clos à regarder les péniches aux cabines encore éclairées et je me suis endormi.

 

Je viens de revenir devant sa fenêtre et je repense à cette soirée. Une sonnerie venant de l’intérieur de l’appartement interrompt ma rêverie. La fenêtre est restée entrouverte et je l’entends grogner, le réveil est dur, mais c’est encore une belle journée qui s’annonce.



 

 

                           
                                 (scénario et couleurs, niko, dessins CMAX)




 

 

 

Par nicolas blind - Publié dans : thomasetlechat
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Dimanche 27 mars 2005

Oui je l’ai trouvé ! Il vient de passer devant moi et je pourrais parier que nos regards se sont croisés. C’était quelque chose de très spécial, en gros le déclic que j’attends depuis le début de la journée. Je me sens soulagé mais je m’étonne d’avoir trouvé « l’individu » au bout du premier jour de recherches. Qu’importe, je l’ai trouvé, c’est l’essentiel. Il ne reste plus qu’à le suivre et vite, sinon je vais le perdre. Il a un pas plutôt rapide le bougre, ou va-t-il aussi pressé ?  

 

 

                        

 

 

 

Ca va maintenant faire un quart d’heure que je le suis sans savoir vraiment ou il va me conduire. Nous nous trouvons dans un petit quartier que je connais bien pour y avoir beaucoup vadrouillé dans ma jeunesse. C’est un chouette coin pour un chat, notamment à cause de la présence de nombreux terrains en friche et de petits jardins ou l’on peut se laisser dorer la pilule à souhait. Pour un humain par contre il n’y a rien d’intéressant à y faire, sauf y habiter.

Gagné ! Il vient de s’arrêter devant une porte. Il sort des clefs de sa poche, pas de doute il habite ici. Vite, se dépêcher pour essayer de se glisser à l’intérieur.

 

 

 

 

 

Humpf trop tard, la porte a claquée juste quand j’arrivais à sa hauteur. Que faire maintenant ? Comment savoir dans quel appartement il habite ? Bon étudions la configuration du lieu. Face à moi un immeuble plutôt ancien sur lequel vient se coller un petit garage qui ne doit plus servir depuis longtemps à en juger l’état du bois de la porte. Le garage donc et… mais oui le garage ! Il n’y a plus qu’à espérer.  Il y’a des fenêtres situées juste au dessus du toit de ce dernier. Juste grimper et aller vérifier par soi même, simple pour un félin, le tout est de rester discret une fois là haut. Je n’aurais qu’à me glisser dans les feuillages de l’arbre qui s’appuie sur le mur d’enceinte du jardin, le poste d’observation idéal. 

 

Ca y’est j’y suis. C’est pas très facile non plus d’observer dans ces conditions, parce qu’en plus des feuilles il y’a les reflets de la vitre. Ha, je distingue quelque chose bouger juste derrière. La fenêtre s’ouvre et… c’est lui ! Quel coup de bol ! Il s’agit de rester discret maintenant, du moins jusqu’au moment voulu. La phase d’observation peut commencer. 

 

                      

 

 

 

                                           (scénario et dessin, niko)

Par nicolas blind - Publié dans : thomasetlechat
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Samedi 26 mars 2005

Ca fait un moment maintenant que je traîne mes poils dans cette ville que j’ai déjà traversé de long en large, de jour comme de nuit, par temps de pluie ou de soleil radieux. Je m’y sens bien, j’ai toujours su y trouver tout ce que je voulais. En même temps je ne suis pas très compliqué, les chats n’ont pas pour habitude de l’être en règle générale. Je suis né et ai grandis dans la rue, j’ai toujours su me débrouiller seul, mais une chose m’a toujours manqué, une seule chose, la compagnie. Celle de mes contemporains ne m’a jamais semblé vitale, et mes expériences passées m’ont apprises à m’en méfier. Je ne peux pas croiser un autre individu de mon espèce sans que celui veuille me montrer que c’est lui le plus fort ou que je gène. Qu’importe ce n’est pas vers eux que j’ai décidé de me tourner. Aujourd’hui c’est vers les humains que j’ai décidé d’aller. J’ai envie d’en découvrir un ou une et de l’observer. Ne pas me fixer un critère de sélection, au moment ou je croiserais celui ou celle qui me sembleras bon, je le suivrais. Drôle d’idée me direz vous. Oui, je dois être le seul chat à qui des idées pareilles viennent, mais après tout pourquoi pas ? 

 

 

 

 

 

L’idée m’est venue hier soir alors que je regagnais le terrain vague ou j’ai pour habitude de chasser le rongeur. Je marchais sur les murs qui séparent jardins et voies de chemin de fer. Il n’était pas très tard, mais la nuit commençait à tomber et un doux vent aux odeurs de printemps accompagnait mes trottinements. Les murs me servant de chemins étant assez haut, j’avais tout le loisir d’observer les habitants de cette rangée de petits pavillons. C’était plutôt amusant d’assister à leur petit rituels du soir en toute discrétion. Une vieille dame buvait son café au lait en mangeant de la brioche, alors que son jeune voisin semblait être pris d’une soudaine frénésie et l’on pouvait, même à travers les vitres entendre une étrange vacarme. Je me suis vraiment pris au jeu et j’ai pensé que m’adonner à ça tous les soirs serait plutôt divertissant. J’ai continué à y réfléchir en continuant mon chemin et puis je me suis dit qu’il serait plus intéressant de vraiment pouvoir approcher un de ces êtres étranges de plus près, de vraiment le connaître. Ca n’a fait ni une ni deux, ma décision était prise, j’ai préféré m’assoupir dans mon coin plutôt que de chasser histoire d’être en forme pour ma « quête ». 

 

 

 

 

 

 

Voilà maintenant plusieurs heures que je tourne dans les rues en scrutant chaque passant. Il ne faut pas que je me décourage même si jusque là les résultats ne sont pas au rendez vous. A vrai dire il ne se passe pas grand-chose dans la rue le matin, mis à part les mères qui emmènent leurs enfants à l’école et les multiples livreurs qui manquent de vous passer dessus avec leurs machines effrayantes. Bon alors, étant donné le peu d’agitation qui règne la meilleure option qui s’offre à moi serait d’aller me poser sur un banc devant lequel il y’a du passage. Je connais une petite place toute à fait indiquée pour ça. 

 

 

 

                                               

 

 

Enfin, j’ai eu plus le loisir d’observer les gens quand est arrivé la pause déjeuner. La place s’est tout à coup remplie de monde, ce qui est normal étant donné le nombre de cafés et de petits commerces qui l’entourent. Le soleil printanier nous appelle tous dirait on.  Malgré cela et après m’être intéressé à plusieurs personnes, mon projet n’as toujours pas aboutit. Je reste persuadé que c’est une question de déclic.

Bon ce n’est plus en restant ici que je trouverais mon bonheur, d’ailleurs je fais bien car je vois deux étudiants en chaleur se diriger vers mon banc pour en prendre possession. L’après midi s’annonce radieuse, quoi de mieux que de vadrouiller sur les pavés ?

 

Une légère brise parfumée souffle, alors que je viens de m’arrêter sous un porche, à l’ombre. Je commence à perdre espoir. Quelle idée j’ai eu ? Je me le demande bien. Après j’étais peut être mieux tout seul et… stop les interrogations ! Je l’ai enfin trouvé !

 

 

                                            

Par nicolas blind - Publié dans : thomasetlechat
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